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Provinces et pays historiques

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42 blasons sur cette page

Alsace

parti : au premier de gueules à la barre d'argent côtoyée de deux cotices fleuronnées du même, au second aussi de gueules à la bande d'or accompagnée de six couronnes du même, trois en chef et trois renversées en pointe

Ce blason résulte de l'union des anciennes armes du landgraviat de la Basse Alsace (comtes de Werd originaires de Woerth près d'Erstein depuis 1156, puis évêques de Strasbourg à partir de 1376) et de celles du landgraviat de la Haute Alsace qui devint propriété de la maison de Habsbourg en 1130. Les premières apparaissent contournées par courtoisie héraldique. Après sept siècles de domination impériale ou d'autonomie princière et municipale, la paix de Westphalie en 1648 fit de l'Alsace une province française.

Anjou

d'azur aux trois fleurs de lys d'or, à la bordure cousue de gueules

Après les Plantagenêts devenus rois d'Angleterre, les deux maisons d'Anjou françaises, qui se sont succédées (1246-1480), portèrent à partir de 1270 un semé de fleurs de lys brisé d'une bordure de gueules. Le roi Charles V remplaça le semé des armes de France par trois fleurs et, plus tard en 1480, son descendant, Louis XI, réunit définitivement l'Anjou à la Couronne. L'Anjou, conservant sa brisure, reprit donc les armes de France nouvelles.

Artois

d'azur semé de fleurs de lys d'or et brisé en chef d'un lambel de gueules de trois pendants chargés chacun de trois petits châteaux aussi d'or rangés en pal

L'Artois, détaché de la Flandre, fut apporté à la France en 1180 par le mariage d'Isabelle de Hainaut avec le roi Philippe Auguste. En 1237 Louis VIII donna le comté en apanage à son fils Robert, qui prit pour blason les armes de France brisées d'un lambel de gueules (branche cadette), qu'il surchargea de châteaux en souvenir de sa mère Blanche de Castille et pour rappeler les neuf châtellenies de l'Artois. Par la suite, après être passé successivement à la maison de Bourgogne et à celle d'Autriche, l'Artois fut cédé à la France par le traité des Pyrénées en 1659.

Aunis

de gueules à la perdrix couronnée d'or

L'origine de ce blason est inconnue. L'Aunis fut enlevé en 1063 aux maisons de Mauléon et de Châtelaillon par Guillaume VIII, duc d'Aquitaine. La province devint anglaise en 1152 par le mariage d'Aliénor d'Aquitaine avec le roi Henri II Plantagenêt, mais en 1224 le roi Louis VIII prit La Rochelle, et l'Aunis appartint à la France jusqu'au traité de Brétigny (1360) par lequel il fut rendu à l'Angleterre. En 1372 les Aunisiens chassèrent les étrangers et rendirent au roi Charles V cette province qui fut définitivement rattachée à la Couronne.

Auvergne

d'or au gonfanon de gueules frangé de sinople

Le gonfanon, emblème de l'Auvergne, aurait pour origine la bannière que portait Eustache III, comte de Boulogne, lors de la conquête de Jérusalem avec son frère Godefroy de Bouillon. La "Terre d'Auvergne" fut confisquée par le roi Philippe Auguste, à l'exception du comté d'Auvergne (capitale : Vic le Comte), dont le titulaire Robert descendait d'Eustache III, et du comté de Clermont. L'Auvergne fut érigée en duché-pairie par le roi Jean II le Bon en 1360. Ce duché fut réuni à la Couronne en 1531 et les deux comtés en 1610.

Béarn

d'or aux deux vaches de gueules, accornées, colletées et clarinées d'azur, passant l'une sur l'autre

Les vaches évoquent l'ancien peuple espagnol des Vaccéens, soumis par les Romains en 100 avant JC, dont les Béarnais seraient les descendants. Érigé en vicomté héréditaire par Louis le Pieux au 9 e siècle en faveur d'un des fils de Loup-Centule, duc de Gascogne, le Béarn passa par alliance à la maison d'Albret en 1465. Le roi Henri IV l'hérita de sa mère Jeanne, et son fils Louis XIII le réunit à la Couronne en 1620.

Beaujolais

d'or au lion de sable armé et lampassé de gueules, brisé d'un lambel de cinq pendants du même

Berry

d'azur aux trois fleurs de lys d'or, à la bordure engrêlée cousue de gueules

Eudes Arpin, vicomte de Bourges, vendit sa terre au roi Philippe I er vers 1100, afin d'aller à la croisade. Érigé en duché-pairie en 1360, le Berry fut donné en apanage à Jean, troisième fils du roi Jean II le Bon. La province fut définitivement réunie à la Couronne en 1601 sous le règne d'Henri IV. Dès lors le titre de "duc de Berry" devint purement nominal, attribué à des princes du sang qui portèrent les armes de France brisées d'une bordure engrêlée.

Bourgogne

écartelé : au premier et au quatrième d'azur semé de fleurs de lys d'or à la bordure componée d'argent et de gueules, au deuxième et au troisième bandé d'or et d'azur de six pièces à la bordure de gueules

Le deuxième et le troisième sont aux armes de la race des ducs de Bourgogne capétiens fondée en 1032 par Robert I er le Vieux, petit-fils d'Hugues Capet et frère du roi Henri I er , et éteinte en 1361 avec Philippe de Rouvres. Le premier et le quatrième sont aux armes des ducs de la race des Valois, dont le premier fut en 1363 Philippe le Hardi, duc de Touraine, qui reçut de son père, le roi Jean II le Bon, la Bourgogne en apanage pour le récompenser de l'avoir bien défendu à la bataille de Poitiers en 1356. La province fut réunie définitivement à la Couronne par le roi Louis XI en 1482 à la mort de Marie, fille et héritière de Charles le Téméraire, dernier duc de Bourgogne, et épouse de Maximilien de Habsbourg, empereur d'Allemagne.

Bresse

d'azur au lion d'hermine

Bugey

de gueules au lion d'hermine

Chablais

d'argent semé de billettes de sable au lion du même armé et lampassé de gueules brochant sur le tout

Champagne

d'azur à la bande d'argent côtoyée de deux doubles cotices potencées et contre-potencées d'or

Les potences (du latin potentia : puissance) des cotices symbolisent les châtellenies relevant des comtes de Champagne. C'est en 923 que commença la lignée des comtes de Champagne avec Herbert de Vermandois. La branche de Vermandois s'étant éteinte en 1019, le comté passa entre les mains d'Eudes II, fils d'Eudes I er , comte de Blois. Les comtes de Champagne de la maison de Blois furent illustrés par Thibaut IV le Chansonnier (1201-1253), ferme soutien de Blanche de Castille lors de la révolte des barons. La Champagne fut réunie à la Couronne en 1284, suite au mariage de Philippe le Bel, futur roi de France, avec Jeanne, fille d'Henri III le Gros, roi de Navarre et comte de Champagne.

Comminges

de gueules aux quatre otelles d'argent adossées et posées en sautoir

Comtat venaissin

de gueules aux deux clefs d'or passées en sautoir, liées d'azur

Enclavé dans la Provence, le Comtat resta sous l'autorité du Saint Siège de 1274 à 1791, date à laquelle il fut annexé par la France. La capitale du Comtat était Carpentras. Avignon, résidence des papes entre 1305 et 1378, fut achetée en 1348 par le pape Clément VI à la reine Jeanne, comtesse de Provence. Les clefs de Saint Pierre, qui figurent sur le blason, symbolisent l'une le pouvoir spirituel, l'autre le pouvoir temporel, réunis (le lien du blason) sous une même autorit&eacute.

Couserans

d'azur à la cloche d'argent

Dauphiné

écartelé : au premier et au quatrième d'azur aux trois fleurs de lys d'or, au deuxième et au troisième d'or au dauphin d'azur crêté, barbé, loré, peautré et oreillé de gueules

À partir de 1029 trois maisons se succédèrent à la tête du Dauphiné (Albon, Bourgogne et La Tour du Pin). Guigues IV, comte d'Albon, prit en 1110 le titre de Dauphin (Dolfin, prénom d'origine saxonne porté par le cousin de sa mère Mathilde). Le dauphin fut l'emblème de ces seigneurs jusqu'en 1349, date à laquelle Humbert II "transporta" son état à Philippe VI de Valois, roi de France. En prenant le nom de Dauphin, Charles, le futur roi Charles V, fils de Jean, duc de Normandie, pas encore le roi Jean II le Bon, écartela l'emblème animal avec les lys de France.

Dombes

d'azur aux trois fleurs de lys d'or et au bâton péri en bande de gueules

Faucigny

palé d'or et de gueules

Gascogne

écartelé : au premier et au quatrième d'azur au lion d'argent, au deuxième et au troisième de gueules à la gerbe de blé d'or liée d'azur

Ce blason n'a aucun sens historique, c'est une concession du roi Louis XIV pour l'enregistrement à l'armorial général de France de 1696. Après les grandes invasions la province forma le duché héréditaire de Gascogne, bientôt démembré en plusieurs seigneuries : comtés d'Armagnac, de Fezensac, d'Astarac, de Gaure et de Pardiac, vicomtés de Fezensaguet et de Lomagne. En 1069 la Gascogne tomba dans les mains de Bernard d'Armagnac, mais en 1070 Guillaume VIII, duc d'Aquitaine, vainquit Bernard et le déposséda. Les histoires de la Guyenne et de la Gascogne furent depuis confondues.

Genevois

cinq points d'or équipolés à quatre d'azur

Hainaut (Hainaut français)

écartelé : au premier et au quatrième d'or au lion de sable armé et lampassé de gueules, au deuxième et au troisième aussi d'or au lion de gueules

Labourd

parti : au premier d'or au lion de gueules tenant de sa dextre un dard du même posé en barre, au second d'azur à la fleur de lys d'or

Languedoc

de gueules à la croix cléchée, vidée et pommetée de douze pièces d'or

À partir du 9 e siècle le pouvoir sur le Languedoc passa aux comte héditaires de Toulouse, dont l'emblème était la fameuse croix. Après la croisade des Albigeois menée par Simon de Montfort (1209-1218), Jeanne, fille de Raymond VII, dernier comte de Toulouse, épousa en 1237 le frère de Saint Louis, Alphonse de Poitiers. Quand celui-ci mourut en 1271, le comté fut réuni à la couronne de France ("La grande dot provençale" de Dante). Le Languedoc constitua l'une des plus importantes et des plus riches provinces du Royaume, il s'étendait de la Garonne au Rhône et des montagnes du Massif Central à la Méditerranée.

Limousin

d'hermine à la bordure de gueules

Dévasté par les Normands au 9 e siècle, le Limousin fut incorporé de bonne heure à l'Aquitaine. Aliénor d'Aquitaine l'apporta en dot en 1152 à son second mari, Henri Plantagenêt, comte d'Anjou et futur roi d'Angleterre. La vicomté de Limoges, maîtresse de la plus grande partie du Haut Limousin, resta cependant le plus souvent indépendante. Marie de Comborn, héritière des derniers vicomtes, épousa en 1275 l'héritier des ducs de Bretagne, le futur Arthur II. L'hermine de Bretagne brisée d'une bordure forma les armes de la vicomté. Au 15 e siècle le Limousin passa par héritage à la maison d'Albret et le roi Henri IV, le dernier vicomte, le réunit à la Couronne en 1589.

Lorraine

d'or à la bande de gueules chargée de trois alérions d'argent

Selon la légende, en 1099 lors de la prise de Jérusalem, Godefroy de Bouillon, duc de Basse Lotharingie, rallia ses hommes en jetant sa lance vers la tour de David et transperça alors trois aigles d'un seul jet. Les armes de la Lorraine symbolisent cet événement, heureux présage qui apporta la victoire aux croisés. L'histoire de la Lorraine débuta en 843 par le traité de Verdun qui attribua à Lothaire, petit-fils de Charlemagne, la région située entre la France et la Germanie. Après bien des partages, la Haute Lorraine ou Lorraine mosellane devait devenir le duché qui passa en 1431 à la maison d'Anjou et en 1473 à la maison de Vaudémont qui devait la garder jusqu'en 1736. En 1737 la Lorraine devint française quand François II, dernier duc héréditaire, la céda, en échange de la Toscane, à Stanislas Leszczynski, ancien roi de Pologne et beau-père du roi Louis XV.

Marche

d'azur semé de fleurs de lys d'or, à la cotice de gueules chargée de trois lionceaux d'argent, brochant sur le tout

Les premiers comtes de la Marche furent les seigneurs de Charroux. La province passa à la maison de Lusignan avant d'être réunie une première fois en 1308 au domaine royal par Philippe IV le Bel, puis de devenir possession de la branche cadette de la maison de Bourbon. Le blason de la province est celui qu'adopta Jacques, comte de la Marche, avant 1362. La Marche fut de nouveau et définitivement réunie à la Couronne en 1531 après la trahison du connétable de Bourbon. Province royale, elle fut donnée en apanage à Louise de Savoie, mère de François I er , et ensuite aux princes de la maison de Bourbon-Conti.

Navarre (Basse Navarre)

de gueules aux chaînes d'or posées en orle, en croix et en sautoir, chargées en coeur d'une émeraude au naturel

Le blason rappelle la victoire remportée en 1212 par Sanche le Fort, roi de Navarre, sur l'émir Mohamed el Hacer après avoir brisé les chaînes qui défendaient le trône du prince maure. Passée par héritage en 1234 à Thibaut IV le Chansonnier, comte de Champagne, la Navarre s'unit à la couronne de France en 1284 par le mariage de Jeanne avec Philippe le Bel, futur roi de France. En 1328 les Cortès de Navarre, hostiles à la fameuse loi salique appliquée pour la succession de France, appelèrent au trône Jeanne, fille du roi Louis X le Hutin, et son mari Philippe d'Evreux. Dominé ensuite par l'Aragon, le royaume passa en 1483 à Catherine de Foix, épouse de Jean d'Albret, mais fut occupé à partir de 1511 par les troupes castillanes. Seule la Basse Navarre devait rester à la maison d'Albret, pour être réunie à la couronne de France par l'avènement d'Henri IV.

Normandie

de gueules aux deux léopards d'or, armés et lampassés d'azur, passant l'un sur l'autre

Ces armes seraient celles de Guillaume le Bâtard, duc de Normandie, le futur Conquérant et roi d'Angleterre en 1066. En 1087, Robert Courteheuse, fils aîné de Guillaume, devint duc de Normandie et Guillaume le Roux, fils cadet, devint roi d'Angleterre. Henri I er Beauclerc, quatrième fils de Guillaume le Conquérant, réunit les deux couronnes ducale et royale en 1106. L'ensemble passa par héritage à Henri Plantagenêt, comte d'Anjou, qui fonda "l'empire angevin" en 1154 en y ajoutant ses possessions et celles de son épouse, Aliénor d'Aquitaine. En 1204 le roi Philippe Auguste confisqua la Normandie et l'unit à la Couronne. Sauf une rechute entre 1419 et 1450 pendant laquelle elle fut aux mains des Anglais, elle demeura française.

Orléanais

d'azur aux trois fleurs de lys d'or surmontées d'un lambel d'argent

L'Orléanais fit partie du domaine royal dès Hugues Capet. Apanage des fils de France, il porte les armes de France brisées d'un lambel symbolisant la collerette que portaient les cadets de la maison du roi. Quatre maisons d'Orléans marquèrent l'histoire de France : la première avec Philippe (1311-1375), frère du roi Jean II le Bon, la deuxième avec Louis (1372-1407), frère du roi Charles VI le Fol, son fils Charles (le poète) et son petit-fils, le futur roi Louis XII, la troisième avec Gaston (1608-1660), frère du roi Louis XIII, enfin la quatrième avec Philippe (1640-1701), frère du roi Louis XIV, tige des princes d'Orléans, dont le roi Louis-Philippe.

Pays basque (Euzkadi)

coupé d'un et parti de deux : au premier de gueules aux chaînes d'or posées en orle, en croix et en sautoir, chargées en coeur d'une émeraude au naturel, au deuxième d'or aux trois arbres en pointe de sinople posés sur une champagne ondée d'azur chargée de trois burelles ondées d'argent, au troisième d'argent au chêne terrassé de sinople, englanté d'or, brochant sur une croix haussée de gueules, au quatrième de gueules à la tour crénelée de cinq pièces et sommée de trois tourelles d'argent posée à dextre sur un rocher du même, au dextrochère armé aussi d'argent, issant de la porte, tenant une épée d'or posée en bande et menaçant un lion du même gravissant le rocher à senestre, au cinquième parti : au I d'or au lion de gueules tenant de sa dextre un dard du même posé en barre, au II d'azur à la fleur de lys d'or, au sixième de gueules au lion d'or

Le premier quartier symbolise la Haute Navarre (Pampelune) et la Basse Navarre (Saint Jean Pied de Port) : armes séculaires qui ont remplacé, après 1212, les armes du royaume de Pampelune (à l'aigle éployée surmontée d'une croisette). Le deuxième quartier est celui de Gipuzkoa, un peu simplifié : les ondes rappellent la mer cantabrique et les arbres (pins), la forêt couvrant le pays. Le troisième quartier appartient à la Biskai : le chêne est celui de Gernika et la croix, celle de la piété des basques. Le quatrième quartier est celui d'Araba (Alava) : armoiries qui rappellent la défense de la cité de Portilla. Le cinquième quartier a été réservé au Labourd : armoiries des anciens vicomtes du Labourd qui reçurent vers 1023 du roi de Pampelune la vicomté de ce nom qui comprenait la pays de Labourd, les vallées d'Arberoue, d'Ossès et de Cize, Irissarry, Iholdy et Armendaritz ; le lion de gueules était celui des seigneurs de Sault, vicomtes de Labourd à la fin du 12 e siècle, le parti d'azur à la fleur de lys d'or serait le rappel de la reconquête du Labourd sur les Anglais par Charles VII en 1451. Le sixième quartier revient à la Soule (Zuberoa) : armes des vicomtes de Soule et Mauléon, issus de Fort I er , vicomte de Lavedan, dont l'aîné, Raymond Guillaume I er , fut vicomte de Soule au milieu du 11 e siècle.

Picardie

écartelé : au premier et au quatrième d'azur aux trois fleurs de lys d'or, au deuxième et au troisième d'argent aux trois lionceaux de gueules

Le blason de la Picardie est imprécis, mais il fut reconnu de façon certaine en 1640. Au 9 e siècle, la province fut divisée en comtés : comté d'Amiens qui fit retour à la Couronne en 1185, comté de Vermandois qui fut acquis par le roi Philippe Auguste en 1191, comté de Ponthieu acquis par le roi d'Angleterre en 1272, conquis par le roi Philippe VI de Valois en 1336, rendu à l'Angleterre en 1360, cédé au duc de Bourgogne en 1435, puis réuni à la Couronne en 1477. Les villes fortes de Picardie (Amiens, Abbeville, Corbie, Montdidier, Péronne, Roye) servirent de ligne de défense au nord de Paris jusqu'à l'annexion de l'Artois en 1659.

Poitou

de gueules aux cinq châteaux donjonnés de trois tourelles d'or, ordonnés en sautoir

Le Poitou, intimement lié au duché d'Aquitaine, fut administré par Aliénor, femme d'Henri II Plantgenêt, roi d'Angleterre, au nom de son fils Richard Coeur de Lion, et transmis à Jean sans Terre, avant d'être conquis par le roi Philippe Auguste en 1204. En 1225 le roi Louis VIII donna le comté en apanage à son cinqième fils, Alphonse. Ce dernier portait en brisure sur les armes de France les armes de sa mère Blanche de Castille. Le Poitou adopta pour blason les châteaux symbolisant la Castille. Les rivalités territoriales reprirent à partir de 1346 avec la guerre de Cent ans. En 1418, le Poitou redevint français et le roi Charles VII fit de Poitiers l'un des centres de son gouvernement avant son sacre à Reims.

Ponthieu

bandé d'or et d'azur

Provence

d'azur à la fleur de lys d'or surmontée d'un lambel de gueules

La Provence porta à partir du 12 e siècle et pendant longtemps les armes d'Aragon (d'or aux quatre pals de gueules), issues des comtes de Barcelone, qui devinrent comtes de Provence en 1125. En 1246 Béatrice, fille du comte Raimond-Bérenger V, épousa Charles d'Anjou, frère du roi Saint Louis, lui apportant la Provence en dot. Leur descendante, la reine Jeanne, étant morte en 1382 sans enfants, la succession passa à Louis I er d'Anjou, frère du roi Charles V, et la Provence releva de cette deuxième maison d'Anjou jusqu'à sa cession par le "Bon Roi" René à son neveu, Charles du Maine, en 1480. À la mort de ce dernier en 1481, le roi Louis XI réalisa l'union définitive de la Provence à la Couronne. Le blason de la Provence est une simplification des armes que portait Charles d'Anjou.

Saintonge

d'azur à la mitre d'argent accompagnée de trois fleurs de lys d'or

La mitre sur le blason symbolise Saint Eutrope, premier évêque de Saintes et martyr au 3 e siècle. La Saintonge fut réunie au duché d'Aquitaine par Eudes en 1039. La province devint anglaise en 1152 par le mariage d'Aliénor d'Aquitaine avec le roi Henri II Plantagenêt. En 1204 le roi Philippe Auguste confisqua cette contrée sur Jean sans Terre, mais il ne put s'emparer que de la Haute Saintonge. Partie du "duché de Guyenne" laissée en 1259 à Henri III, roi d'Angleterre, par Saint Louis lors du traité de Paris, la Saintonge fut reconquise en 1371 par du Guesclin et réunie à la Couronne en 1375 par le roi Charles V.

Soule

de gueules au lion d'or

Touraine

d'azur semé de fleurs de lys d'or à la bordure componée d'argent et de gueules

En 1044 la Touraine fut cédée en fief à Geoffroi I er Martel, comte d'Anjou, tige de la famille Plantagenêt. En 1206 le roi Philippe Auguste s'en empara et en 1259, par le traité de Paris, Henri III, roi d'Angleterre, en reconnut la possession au roi de France. Érigée en duché-pairie en 1360, apanage de Philippe le Hardi, fils du roi Jean II le Bon et futur duc de Bourgogne, la Touraine devint plus tard le coeur du royaume avec Charles VII à Chinon, Louis XI à Plessis lès Tours et Charles VIII à Amboise, et à la Renaissance l'ensemble fastueux des châteaux de la Loire. Le blason de la Touraine reprend strictement les armes de Philippe le Hardi.

Valentinois

parti : au premier coupé en chef d'azur aux trois fleurs de lys d'or et en pointe d'or au dauphin d'azur barbé, crêté, oreillé et peautré de gueules, au second de gueules à la croix d'argent

Valois

d'azur aux trois fleurs de lys d'or brisé en chef d'un lambel d'argent soutenu d'un croissant du même

Le pagus valensis avait pour chef-lieu Vadum, aujourd'hui Vez. Ce pays est limité au nord par l'Oise et son affluent l'Automne, à l'ouest par le Sellentois (pays de Senlis), à l'est par l'Ourcq, affluent de la Marne, voisin de la Champagne au sud. Le comté de Valois, réuni à la Couronne en 1214 avec sa capitale Crépy, apanage de fils de France, fut érigé en duché-pairie en 1406 par Louis d'Orléans, second fils du roi Charles V le Sage, lui-même issu de la branche capétienne des Valois. Le blason du Valois reprend les armes créées pour les ducs du même nom.

Vermandois

échiqueté d'or et d'azur, au chef aussi d'azur chargé de trois fleurs de lys d'or

Vexin français

d'azur semé de fleurs de lys d'or au lambel d'hermine brochant en chef sur le tout

Le pagus vulcassinus était le pays des Véliocasses, peuple gallo-romain. En 911, par le traité de Saint Clair sur Epte, le roi Charles III le Simple céda la Normandie au chef viking Rollon. Le Vexin fut partagé en deux. La partie française, dont Pontoise est la capitale, est limitée à l'ouest par l'Epte et à l'est par l'Oise, frontière naturelle avec le pays de France et le Parisis. Sa frontière méridionale est matérialisée par la Seine et sa frontière septentrionale par la Troesne, affluent de l'Epte, et l'Esches, affluent de l'Oise. Le blason du Vexin français est de France ancien brisé d'un lambel d'hermine, armes du futur Louis VI le Gros, fils du roi Philippe I er et successeur des comtes de Vexin, qui avaient l'honneur de porter l'oriflamme de Saint Denis à la tête de l'ost royal.